Les origines du dindon
La dinde (aussi appelée dindon) se retrouve dans l’alimentation des humains depuis des millénaires. À l’origine, l’ancêtre du dindon domestique vivait sur le continent américain. Il occupait principalement ce qui allait devenir les États-Unis et le Mexique, mais on pouvait également en retrouver en Ontario et à l’extrême sud du Québec. Les Aztèques et les Amérindiens en avaient fait un de leurs mets de prédilection bien avant la colonisation par les Européens. On soupçonne d’ailleurs que les premiers habitants du continent avaient, déjà à cette époque, domestiqué l’animal. En effet, des preuves archéologiques démontrent que les Amérindiens gardaient des dindons en captivité il y a 2000 ans. L’apprivoisement du dindon se traduisit par d’importants changements au niveau de la morphologie de l’animal. L’espèce sauvage, beaucoup plus petite, devint plus imposante, plus charnue à la suite de sa domestication et de nombreux croisements.
Aussi familiers qu’étaient les peuples d’Amérique avec le dindon, les Européens, à l’opposé, ne savaient rien de cette espèce avant leur arrivée dans le « Nouveau Monde » . Il est amusant de constater que les noms mêmes donnés à l’oiseau par les Occidentaux témoignent des péripéties de cette époque de découvertes. Effectivement, les Espagnols, en mettant le pied en Amérique, se pensaient arrivés aux Indes; c’est ainsi que l’animal fut communément appelé « dinde », contraction de « coq d’Inde » ou « poule d’Inde ». Les Anglais, quant à eux, croyaient le dindon originaire de Turquie (Turkey, en anglais). Ils le baptisèrent donc... turkey!
Les nouveaux arrivants ne tardèrent pas à partager leur découverte avec leur mère patrie. La dinde fut donc introduite en Europe au XVIe siècle.
Ironiquement, alors que la population de dindons était en croissance en Europe, elle diminuait dramatiquement sur leur terre natale. En effet, ces grands oiseaux vifs et farouches devinrent un gibier très prisé au fil du temps au Canada, de telle sorte qu’en 1929 ils avaient pratiquement disparu du pays. Heureusement, grâce à la reconstitution de certains milieux forestiers et à la création de nombreux programmes de réintroduction, l’espèce s’est assez bien rétablie et a pu regagner la majeure partie de son aire de répartition primitive. C’est ainsi que le dindon sauvage est réapparu au Québec dans les années 1970.
Comme nous l’avons vu, la dinde devint de plus en plus grosse à force de croisements. Son goût aussi connut des améliorations. Plus appétissante et plus dodue, la dinde vint peu à peu à remplacer l’oie lors du repas de Noël. Elle devint également traditionnellement associée au repas de l’Action de grâces, célébré le deuxième lundi d’octobre au Canada et le quatrième jeudi de novembre aux États-Unis (Thanksgiving). Garnie de légumes d’automne, la volaille est apportée entière à table, farcie de mie de pain, d’abats hachés et d’aromates comme la sauge.
De nos jours, nous connaissons une trentaine de races de dindons, mais la plupart des dindons élevés commercialement sont des White Hollands, au plumage tout blanc. Les États-Unis en sont les premiers producteurs, mais c’est en Israël que la consommation par personne est la plus élevée, devant les États-Unis, la Hongrie, la Pologne et le Canada. Les pays asiatiques au-delà du Proche-Orient n’ont jamais adopté ce gallinacé dans leur alimentation.
Source
Les Éditions de l'Homme, Collection Tout un plat - ISBN : 2-7619-2121-6 Parution : septembre 2005
Le livre est vendu ou peut être commandé dans les librairies et tous les bons magasins. Le livre peut aussi être commandé en ligne à l'adresse suivante : http://www.edhomme.com
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